Louisa Ben, artiste en résidence chez UniCArts en 2025/2026, propose une exposition intitulée Yelli, en collaboration avec l'image Satellite.
L'exposition se déploie ici dans un nouveau chapitre. Ce récit, ancré dans sa propre cartographie familiale, est né de la nécessité de faire exister des représentations souvent reléguées aux marges et, à travers elles, de rendre visibles leurs identités.
Durant plusieurs semaines, Louisa Ben a partagé le quotidien d'étudiantes nords-africaines vivant à Nice. Certaines sont venues en France pour poursuivre leurs études, d'autres y ont grandi. De chambres universitaires en appartements partagés, elles ont pris le temps de se rencontrer, de parler de leurs familles, ici ou là-bas, de leurs langues, parlées ou jamais sues, de l'absence, de ce qui se transmet ou non et de ces souvenirs d'enfance qui, bien souvent, se ressemblent.
Elles se sont interrogées ensemble sur ce qui les lient les unes aux autres, sur ce pays d’origine de l’autre côté de la Méditerranée, sur Nice, où les étudiant.es originaires d’Afrique du Nord sont les plus représenté.es au sein de la communauté étudiante internationale, où iels doivent cohabiter avec une parole politique toujours plus marquée par le repli identitaire. Cette contradiction traverse les corps, les espaces et les récits.
C’est depuis cette réalité qu'elle a choisi une autre approche : celle de l’intime. Les images ne cherchent pas à illustrer une identité figée, mais à faire apparaître les résonances entre des histoires singulières. Elles racontent ce qui circule entre nous : des mémoires communes, des façons d'habiter les lieux, de composer avec plusieurs appartenances, autant d'expériences qui, malgré des parcours différents, témoignent de trajectoires familiales et migratoires partagées marquées par une histoire coloniale commune. Ces rencontres ont peu à peu dessiné un espace de confiance où les récits individuels deviennent une mémoire collective.
En poursuivant Yelli, cette série affirme que donner à voir ces trajectoires est déjà une manière de résister aux discours qui cherchent à les simplifier ou à les effacer. Elle propose de regarder ces vies non pas comme des exceptions ou des sujets politiques, mais comme des vies ordinaires, qui portent la nécessité d'habiter pleinement un territoire qui est aussi le leurs.
Dates exposition : 19/09/26 - 10/10/26